Chassiron

Chassiron, audio général
La pointe de Chassiron représente un site privilégié en avant-poste, avec l’île de Ré, pour défendre l’accès à La Rochelle, et son port militaire de La Pallice, dont la base de sous-marins construite en 1941 constitue un intérêt stratégique majeur de la guerre contre l’Angleterre.
En 1942, les forces d’occupation allemandes installent sur toute la pointe un ensemble de trois batteries qui constitue une véritable forteresse dont sont exclus tous les civils à partir du village de La Morelière.
La plus au nord, située devant le phare de Chassiron, est une station de détection radar contre cibles navales. Elle est dotée de deux radars : l’un permettant une détection large, l’autre, une détection précise grâce à une parabole de 7,5 mètres de diamètre. L’ensemble permet de pointer une cible navale par tout temps et de nuit à une distance de 30 kilomètres et une précision de 25 mètres.
Chaque radar, d’une puissance de 8 000 watts, était alimenté par des groupes électrogènes abrités sous une casemate bétonnée. Le personnel logeait dans les autres casemates bétonnées attenantes.

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La station a pour rôle de détecter et orienter avec précision les tirs des batteries côtières alentours, dont la batterie Schwalbe située sur le flanc est de la pointe. Cette dernière défendait avec l’île de Ré l’accès naval au pertuis d’Antioche avec ses quatre canons.
En arrière du phare, la puissante batterie Seelöwe protège l’espace aérien du secteur avec ses six canons antiaériens dont deux à tir rapide. Le matériel est installé sur des abris parmi les plus grands construits sur l’île d’Oléron. La batterie possède également un petit modèle de radar parabolique, pour son propre compte, destiné à cibler des objectifs qui sont ensuite suivis avec des projecteurs optiques.
Ces trois batteries sont reliées non pas par la route, mais par des réseaux souterrains permettant de dissimuler toute activité lors des raids alliés de reconnaissance aériens.
À l’automne 1944, à la suite de la libération d’une grande partie du département et de la constitution des poches de Royan et de La Rochelle (dont l’île d’Oléron constitue un repli), toutes les installations de la pointe de Chassiron deviennent inutiles. Les batteries désertent ainsi la pointe, en toute discrétion, pour s’installer sur des positions de campagne à Saint-Pierre et au sud de l’île. Sur place, les armes sont remplacées par des leurres en bois et quelques unités italiennes sont déployées. Le 1er mai 1945 au soir, le phare de Chassiron est couronné du drapeau français dans une zone libérée sans réel combat.
Crédits
©Archives CCLSO
©Service Historique de la Défense
https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
©Stéphane Calonnec
©Fonds Boyer/Musée de l’île d’Oléron/CDCIO
©BAMA Bundesarchiv Militararchiv
©Thierry Richard/Oléron production



