Saint-Denis d’Oléron

a ecouter

À partir de 1942, les forces d’occupation allemandes installent dans les dunes de Saint-Denis une batterie d’artillerie côtière protégeant l’accès à La Rochelle et à la base de sous-marins de La Pallice.

Situation atypique, la batterie relève de l’armée de terre mais reste sous les ordres directs de la Marine. Par sa situation particulière, cette batterie est l’objet de nombreux ajustements. Ainsi, les premiers effectifs sont déplacés sur l’île de Ré en laissant les pièces d’artillerie en place. Elle change plusieurs fois de désignation durant de la guerre. En 1943, la position est codée Ro 519 Taube (Colombe).

Ses pièces d’artillerie structurent l’espace : quatre obusiers, d’origine tchèque, montés sur roues, et abrités tardivement en 1944 sous des casemates orientées nord/nord-est. Leur portée de 12 kilomètres permet de croiser les tirs avec les batteries de l’île de Ré. Des plateformes bétonnées attenantes, construites dès 1942, permettent d’assurer un tir dans toutes les directions.

Casemate – Saint-Denis
©archives_SHDMV__MV_2_DOC_5_III__0115
Poste d’observation ©archives_SHDMV__MV_2_DOC_5_III__0116

À proximité, des logements en bois ou bétonnés et des soutes à munitions sont répartis ; reliés par des tranchées, ils sont semi-enterrés dans les dunes afin de les camoufler.

Sur la plage, le poste de commandement permet de diriger les tirs des obusiers.

La protection rapprochée du site se base sur deux canons antiaériens dirigés par un projecteur de 60 cm de diamètre, un canon antichar et des mitrailleuses utilisables dans divers petits abris bétonnés répartis sur le site, ainsi que sur certains bunkers possédant un encuvement intégré.

L’ensemble est ceinturé de barbelés, de mines et d’obstacles anti-débarquement sur la plage.

À l’automne 1944, les alliés et les forces de résistance ont libéré le département et enferment l’occupant dans des poches à Royan, La Rochelle, ainsi que les îles de Ré et d’Oléron.

Le risque d’un débarquement sur l’île concernant désormais le continent, la position, devenue inutile, est vidée de ses obusiers, qui sont redéployés en hâte vers le centre de l’île.



Découvrez les ouvrages